N° 08 - Déc. 2011

# 08
déc.2011

Ouvrir et humaniser
la formation des Cadres

Alors que nombre d’entreprises déplorent le manque d’audace, de flexibilité et de polyvalence de leurs jeunes cadres, pendant que ceux-ci semblent désenchantés du monde du travail, on est en droit de s’interroger sur la formation reçue par nos futurs dirigeants. Réformer l’éducation pour préparer les jeunes diplômés aux nécessaires mutations des entreprises et pour réintroduire du sens pour eux comme pour les organisations, voilà bien le sujet de notre attente !

Les conseils en recrutement que nous sommes se doivent de pointer du doigt les lacunes de l’enseignement trop spécifique reçu par nos cadres. Le manque de compétences parallèles finit par scléroser voire bloquer le fonctionnement des entreprises. Le modèle qui consiste à faire rentrer sur le marché du travail des cadres hyperspécialisés, véritables « produits finis », préformatés, est aujourd’hui périmé.

A trop vouloir
privilégier les mathématiques et l’intelligence logique, nous avons oublié de façonner des consciences, de développer des esprits critiques, de libérer la spontanéité et le plaisir

En effet, à trop vouloir privilégier les mathématiques et l’intelligence logique, nous avons oublié de façonner des consciences, de développer des esprits critiques, de libérer la spontanéité et le plaisir, bref, nous avons omis de préparer les cadres aux responsabilités humaines auxquelles ils seront vite confrontés. A fabriquer trop de spécialistes, nous nous sommes enfermés dans un schéma étroit dont il nous faut sortir aujourd’hui.

C’est un signe des temps, et en écho à cette plainte, des universités mettent enfin en place des formations complémentaires pour une « hybridation des disciplines » ainsi définie par Philippe Jacqué du journal Le Monde du 20 octobre 2011.

De quoi s’agit-il vraiment ?

En fait, l’idée est de diversifier les formations dans l’objectif de mieux préparer nos futurs dirigeants à la réalité du terrain mais aussi d’ouvrir leur esprit à d’autres disciplines moins directement utilisables pour leur permettre de faire face au mieux aux défis du futur. Ainsi, peut-on à minima mixer les formations de droit ou d’économie avec des langues, ou celles de mathématiques avec des sciences humaines mais aussi réhabiliter les « humanités » au sens large (Philosophie, Histoire, Lettres, Arts…) comme le fait la licence « Humanités » de l’université de Paris Ouest Nanterre.

Voici une ouverture d’esprit qu’il s’agit de saluer pour avoir des têtes bien faites plutôt que bien pleines ! En élargissant les connaissances à d’autres domaines, à d’autres disciplines, nous stimulerons ainsi chez les jeunes, l’envie d’apprendre, la curiosité et la confiance en eux et nous développerons la culture générale, mais aussi l’élan, l’altérité et l’innovation qui font parfois défaut aux jeunes cadres d’aujourd’hui.

Pour aller plus loin…

On pourrait également inciter les étudiants à sortir de leur « cocon », à l’instar des pays anglo-saxons qui encouragent leurs élèves à prendre une année de césure. Non pas pour un échange avec une autre université, mais pour une réelle plongée au contact de la diversité culturelle.

Ceci leur permettrait de connaître l’Autre, mais aussi de se connaître et de se confronter au risque, ce risque que notre système de formation semble limiter aujourd’hui. En ouvrant davantage la formation à des disciplines artistiques, on permettrait aussi une expression des émotions qui semble aujourd’hui faire défaut aux managers.

Pour ce faire, il conviendrait de « réenchanter » l’enseignement, le rendre plus éclectique, plus créatif, plus innovant et pas seulement directement monnayable.


En ouvrant davantage
la formation à des disciplines artistiques, on permettrait aussi une expression des émotions qui semble aujourd’hui faire défaut aux managers

Diversifier la formation permettra aux jeunes de faire face aux défis qui les attendent et aussi de retrouver spontanéité, plaisir du travail, bref… une part d’humanité.

Nous, Conseils en recrutement, devons encourager les entreprises dans le sens de l’ouverture, les inciter à favoriser ces nouveaux parcours, afin de réintroduire l’Humain au centre de l’Entreprise et, pourquoi pas, de faire émerger « l’Honnête Homme » du 21ème siècle.



Marie TRESANINI
Membre de Syntec Conseil en Recrutement
 
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